• <Libellé inconnu>,

Appel à communication Littérature et architecture – « La rue : architecture, sociabilité, cultures. »

Publié le 13 avril 2016 Mis à jour le 25 novembre 2016

Les projets de communication sont à adresser avant le 15 juin 2016.

Date(s)

le 15 juin 2016

Dates du colloque : 1er et 2 décembre 2016
Lieu(x)
Université Paris-Ouest Nanterre La Défense


Université Paris-Ouest Nanterre La Défense

Colloque international

 « La rue : architecture, sociabilité, cultures »

Université Paris Nanterreniversité, 1 et 2 décembre 2016

 

Ce colloque est le second d’un cycle de trois colloques interdisciplinaires sur les rapports entre l’architecture, la littérature et la ville. La rue (rua) est la substance de l’urbanité ; elle est au cœur des théories de l’architecture. Plusieurs axes d’étude seront privilégiés afin de prendre en compte sa dimension architecturale, urbanistique, sociale et culturelle ainsi que les médiations littéraires et artistiques qui ont contribué à sa représentation.

Les théories de la rue

À partir de l’étude lexicologique du mot (chemin, ruelle, grand-rue, voie, artère, boulevard, avenue…), on caractérisera les usages de cet espace en prenant en considération la nomenclature des voies, leurs définitions dans les dictionnaires d’architecture, les noms de rues, de leur origine à l’annuaire actualisé des rues en passant par le Dit des rues de Paris (1300). Le relevé de leurs caractéristiques typologiques et morphologiques (rue centrale, rue périphérique, rue intérieure...) met en évidence la diversité de leur configuration (organisation rectiligne, à angle droit, en courbe, en pente, en enfilade, labyrinthique...), de leurs usages dans la ville, la multiplicité des formes du bâti, de ses volumes. Quels rôles jouent la morphologie des rues dans la construction de la ville, son agencement ? Peut-on établir une correspondance entre la rue et l’architecture qui la borde ? Murs à colombage, pignons, murs à redents, murs rideaux, ligne de façades creuses ou pleines, porches, ornements, traitement des rez-de-chaussée et des étages (superposition/irrégularité), hauteur des constructions, formes et volumes des immeubles, saillies, porte-à-faux, colonnades, arcades, trottoirs extérieurs, terrasses… modifient les principes de la composition urbaine et les interactions entre l’espace privé et l’espace public.

Quelle est l’importance de la rue dans les théories de l’architecture ? La percée des rues a facilité la circulation des biens et des personnes (Le Tableau de Paris, 1781, L.-S. Mercier), l’hygiène mais aussi la réglementation, le contrôle policier, militaire et social de l’espace urbain, le rejet des ouvriers vers les faubourgs, la périphérie (Haussmann). Au xxe siècle, la rue est à nouveau le lieu des traumatismes de l’Histoire. Quelle a été l’impact de la Grande guerre et des suivantes sur la rue (nom de rue, plaques commémoratives, monuments aux morts, célébrations...) ? Le développement de la circulation automobile a accéléré la création de projets d’aménagement de l’espace urbain. L’urbanisme moderne a d’abord eu la volonté de faire disparaitre la rue. « Il faut briser la rue corridor » affirme Le Corbusier dans Urbanisme (1924). Le fonctionnalisme a toutefois favorisé une organisation circulaire multipliant les réseaux routiers souterrains, en surface, en périphérie (boulevard, voies prioritaires, artères, bretelles) élargissant progressivement la trame urbaine selon un maillage plus ou moins régulier. Quelles en sont les conséquences sur l’architecture de la ville ? La rue est-elle exclue des mégalopoles contemporaines (L’Enseignement de Las Vegas, Venturi et Scott Brown, 1972) ? Pour  l’architecte néerlandais Rem Koolhaas (Junkspace, 2011) « la rue est morte ». Elle doit disparaître de la « ville générique », libérée de son organisation centripète, abandonnant l’ordonnancement horizontal pour un ordre vertical (quais, rampes, passerelles). Cependant, un retour à la rue, fondé sur le concept de « village urbain » selon l’adage  « ma rue est un village », s’amorce dans les années quatre-vingt avec la prise de conscience de la nécessité de maintenir une vie de quartier pour l’amélioration du vivre-ensemble. Ainsi, certaines rues sont transformées en réseau piétonnier (quartier Montorgueil, Paris), coulées vertes.

La rue : une sociabilité interactive  

La rue investit l’espace urbain d’une sociabilité changeante selon la typologie sociale et professionnelle des rues : rues des métiers, rues vitrines, rues dortoirs… Comment le piéton est-il inclus dans la rue ? « Vivre sa rue », c’est y être acteur. La rue détermine le mode de déplacement des habitants. Le mobilier urbain, l’éclairage, la signalétique, le wifi public, ses multiples applications participent de l’architecture de l’espace urbain, influencent ses parcours. Si la rue émet des messages informatifs, injonctifs, elle en reçoit aussi. La rue est le lieu de l’expression des utopies sociales, culturelles et politiques : graffitis, graphes, tags, pochoirs, murs peints, affiches… en témoignent. On sera attentif à la parole des rues, à l’écriture des rues, à ce qui s’y inscrit sur les murs et sur le sol (publicité, slogans, mots d’ordre…), aux signes et aux signaux de la ville. Ces inscriptions déterminent un autre rapport à l’espace sémiotisé de la rue, défini par des messages iconiques et langagiers plus que par ses murs et leur architecture. Comment la littérature intègrent-elles la sémiotique urbaine ? Les rues sont des lieux de précarité, des « non lieux ». En quoi la multiplicité de ces usages modifie-t-elle le social et transforme les pratiques citadines ?

Esthétique et poétique de la rue 

La rue préexiste, généralement, à la configuration de la ville. Elle est souvent une unité indépendante de la totalité du dispositif à laquelle elle appartient. Dessins, peintures, photographies témoignent de cet état antérieur des rues. La modification de leur tracé est aussi la résultante d’une planification de la ville comme un tableau. L’alignement des façades, leur reconstitution, les perspectives nouvelles transforment l’expérience urbaine en une expérience esthétique. Les rues sont des espaces de promenades architecturales plus ou moins fléchées, instrumentalisées. Quel rôle joue la scénarisation des rues, leur muséification dans la transformation du piéton en touriste ? On s’intéressera à la rue comme décor, à son existence réelle et fictive, à la manière dont les artistes la donnent à voir (Strada Novissima, Biennale de Venise, 1980). Les avant-gardes ont associé leurs pratiques innovantes à la rue. Elles ont souvent fait de la rue le théâtre de leur contestation et de leur expression, (futuristes, surréalistes, situationnistes…). Quelle(s) image(s) les peintres, les photographes de la rue nous donnent-ils (peinture classique, moderne, photos d’avant-gardes, « décollagistes », hyperréalistes, street art...) ? Comment les rues gardent-elles la mémoire des événements qui y ont eu lieu. Dans quelle mesure racontent-elles l’histoire des villes, leur donnent-elles un sens ? Quelles en sont les conséquences sur la littérature (thématique, syntaxique, lexicale, stylistique) ? Quel a été l’impact de la Première et de la Seconde Guerre Mondiales (écritures de la destruction et de la reconstruction) sur le théâtre, la poésie, le roman de la rue ? Le flâneur baudelairien, les déambulations d’Apollinaire, les errances surréalistes, les parcours de Raymond Queneau, les dérives de Guy Debord, la ville de Modiano, les trajets en bicyclette de Jacques Réda, l’arpentage de Jacques Roubaud, les expériences urbaines de Georges Perec (Lieux…), l’inventaire alphabétique de Thomas Clerc (Paris, musée du XXIe siècle, le 10e arrondissement) témoignent d’un regard archiviste, ludique et poétique sur la rue. On étudiera son influence sur les pratiques littéraires et artistiques in situ (poésie de site, fiction urbaine, théâtre de rue…) et la façon dont elles transforment sa perception.

Le colloque est organisé par Pierre Hyppolite (EA 1586, Centre des Sciences des Littératures en langue Française) et Marc Perelman (EA 4414, Histoire des Arts et des Représentations),  l’équipe « Littérature et architecture » de l’axe « Interférences de la Littérature, des Arts et des Médias » en partenariat avec le projet  « Poésie Grande Guerre 1914-1918 » et l’ANR  « LittéPub » de l’Université Université Paris Nanterre la Défense : 

http://cslf.u-paris10.fr/cdr-cslf/axes-et-equipes/litterature-et-architecture-521374.kjsp.

Les propositions de contribution sont à envoyer par courriel avant le 15 juin 2016, aux adresses suivantes : pierre.hyppolite@u-paris10.fr et marc.perelman@u-paris10.fr

Ne pas dépasser les 3 000 signes. Les réponses aux propositions seront transmises début juillet 2016.

 

Retourner aux programmes de recherche
Partenaires :

Mis à jour le 25 novembre 2016