Observatoire des écritures françaises et francophones contemporaines



Responsables : Jean-Marc Moura, Dominique Viart


La littérature contemporaine est, depuis plusieurs décennies, tra­versée de muta­tions pro­fon­des qui attes­tent de sa vita­lité. Alors que cer­tains écrivains pour­sui­vent leur tra­vail d’expé­ri­men­ta­tions, d’autres, aujourd’hui plus nom­breux, ten­tent de renouer avec la fonction narrative, le plai­sir du récit, les expres­sions du sujet, l’interrogation de l’Histoire ou l’expérience du réel. Ils ne font pas pour autant l’économie de ces cri­ti­ques radi­ca­les qui, à l’époque du struc­tu­ra­lisme et du Nouveau Roman, ont démon­tré les illu­sions de la repré­sen­ta­tion et l’inau­then­ti­cité de toute écriture de soi. Loin d’être déli­vrés du soup­çon, les écrivains de notre temps tra­vaillent avec la cons­cience même des dif­fi­cultés et des vicis­si­tu­des de la parole, qu’il s’agisse de les moquer ou de les affron­ter. Dans le même temps, les divers espaces francophones voient s’affirmer des littératures postcoloniales attachées à revisiter l’histoire dont elles héritent, à revendiquer ou détourner leurs traditions et à se confronter sans réserves aux vicissitudes du présent. Ecrivains français et « francophones » posent ainsi de concert la question des ruptures, des héritages et des identités. Décidés à offrir à la littérature de nouveaux enjeux, ils inventent les formes qui leur permettent de les mettre en œuvre.

L’Observatoire des écritures contemporaines françaises et francophones se propose de construire le pay­sage cri­ti­que de ces lit­té­ra­tures pré­sentes. Il inscrit pour cela ses travaux au croisement de la poétique des textes, de la narratologie et d’une démarche comparatiste qui aborde les relations entre littérature et autres disciplines artistiques, confronte les œuvres aux réalités socioculturelles, transculturelles et géopolitiques du monde dans lequel elles s’élaborent, interroge le dialogue qu’elles entretiennent avec les sciences humaines et sociales. Il étudie le rapport qu’elles instituent avec la modernité comme avec des héritages littéraires plus anciens, dont elles s’approprient et retravaillent les formes. Considérant qu’il est fallacieux d’isoler les lettres françaises et francophones des évolutions des lettres mondiales, l’Observatoire oriente ses recherches vers l’étude des relations intellectuelles, littéraires et esthétiques nouées entre les domaines d’expression française et ses homologues anglophones, hispanophones et lusophones. Il s’agit ainsi d’éclairer un aspect majeur des relations littéraires internationales : la constitution d’espaces littéraires d’expression européenne, dont les interactions, interfaces et rencontres sont à l’origine de certains mouvements littéraires, intellectuels et/ou esthétiques parmi les plus importants du XXe et du XXIe siècle.

Dans cet esprit, l’Observatoire, dont les programmes de recherche sont soutenus par l’Institut universitaire de France, travaille en relation étroite avec des chercheurs d’autres universités françaises et de nombreux pays étrangers – Algérie, Allemagne, Argentine, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Chine, Espagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Grèce, Italie, Japon, Pays-Bas, Portugal, Russie, Suisse, Uruguay… Il établit des partenariats de recherche avec leurs laboratoires, encourage la circulation des doctorants et les thèses en co-tutelle. Soucieux de favoriser le dialogue direct avec les auteurs sur leurs œuvres, leur pratiques et leurs enjeux, il organise régulièrement des rencontres en association avec la Maison des Ecrivains et de la Littérature.
 

Mis à jour le 22 novembre 2017