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SÉMINAIRE "DIPTYQUE" - LE SILENCE : Patrick Henriet «Murus silentii. La construction de l'intériorité par le silence, de Grégoire le Grand à Pierre Damien» / Anne Mantero «Silence et chant dans la poésie mystique du XVIIe siècle»

Publié le 30 octobre 2014 Mis à jour le 10 janvier 2018

Le séminaire « Diptyque » est un lieu de rencontre interdisciplinaire entre chercheurs médiévistes et seiziémistes, intéressés par la question des dynamiques herméneutiques mises en œuvre sur la longue durée, entre le XIIe siècle et l’automne de la Renaissance.

Date(s)

le 5 décembre 2014

Lieu(x)
Bâtiment L (Paul Ricoeur)
Séminaire organisé par Marie-Christine Gomez-Géraud et Jean-René Valette

Le séminaire « Diptyque » est un lieu de rencontre interdisciplinaire entre chercheurs médiévistes et seiziémistes, intéressés par la question des dynamiques herméneutiques mises en œuvre sur la longue durée, entre le XIIe siècle et l’automne de la Renaissance. Le « diptyque » symbolise la perspective de dialogue qui doit s’établir entre les deux périodes considérées, en vue d’apporter des éclairages et des réponses spécifiques aux questions retenues pour l’étude commune.
Il s’adresse aux chercheurs de ces périodes, aux doctorants dont il entend favoriser la formation et à toute personne intéressée par les problématiques développées au cours du séminaire. Les travaux présentés et discutés feront l’objet d’un volume d’études synthétiques sur les thèmes choisis.

Apparu au XIIe siècle, le discours mystique s’offre comme l’une des dynamiques herméneutiques majeures de la période qui mène jusqu’au premier XVIIe siècle. Il constitue un véritable carrefour, dont l’intelligibilité se déploie autour de quatre pôles, pour former ce que P. Gire nomme un carré mystique. Tandis que le premier pôle concerne la révélation biblique, le second ressortit à l’institution religieuse, dont la réalité médiatrice se caractérise à la fois par une force de transmission et par une capacité de contrainte (ce que montre par exemple la condamnation de Marguerite Porete, exécutée à Paris en 1310). Le pôle du sujet en transformation est fondamental, si l’on songe que la mystique est souvent définie comme « connaissance expérimentale de Dieu » (J. Gerson) ou comme « expérience fruitive de l’absolu », qui ne saurait se résumer à une « brûlure » : la mystique forme et élabore un langage, dont les liens avec l’écriture poétique ont souvent été relevés. Tel est le quatrième pôle, milieu privilégié où advient le sens.
Le séminaire « Diptyque » entend d’abord explorer ce pôle en examinant le langage mystique sous plusieurs angles (littéraire, linguistique, historique, philosophique et artistique). Du XIIe siècle à l’automne de la Renaissance, un certain nombre de questions seront abordées, en relation avec la constitution et l’usage d’un langage mystique.
Celle de la langue en premier lieu. Centré sur les idiomes en usage pour l’écriture mystique, le séminaire 2013-2014 s’est intéressé au statut du vulgaire face au latin, à la manière dont se dit l’expérience de Dieu en français, dans l’aire rhéno-flamande ou durant le Siècle d’Or espagnol. Il s’est demandé comment penser le rapport entre langage mystique et mystique du langage, ainsi que la notion de « fable mystique » chère à Michel de Certeau.
L’année 2014-2015 sera consacrée à des modes d’expression en marge du langage (rire, larme, cri, aphasie, gestuelle) et à la place à accorder au silence. La notion de langage mystique sera aussi envisagée dans sa relation à la « littérature », qu’il s’agisse des liens privilégiés qu’elle entretient avec le discours amoureux, de l’art propre aux « écrivains » mystiques, des traditions et textes préalables qui forment le terreau nourricier de l’écriture et aux effets de continuité et de rupture du phénomène. Aussi s’arrêtera-t-on sur les questions suivantes : les deux traditions que forment la mystique affective et la mystique ontologique suscitent-elles l’émergence de deux grammaires distinctes ? Le Cantique des cantiques constitue-t-il un pré-texte mystique ? Comment articuler les diptyques que forment respectivement Bernard de Clairvaux et Calvin, Eckhart et Jean de la Croix, Bonaventure et François de Sales ?
Telles sont quelques-unes des pistes que suivra le séminaire au cours de l’année 2014-2015.

Mis à jour le 10 janvier 2018