Litt&Phi - Présentation

Responsable : Colas Duflo

Initiée en 2013 par les chercheurs dix-huitiémistes de l’université Paris Nanterre, cette équipe interne au CSLF se donne pour vocation l’étude des rapports entre littérature et philosophie, en prenant un point d’ancrage dans le 18ème siècle, mais sans s’y limiter nécessairement. On s’y intéresse notamment aux formes d’écriture de la philosophie, aux styles philosophiques, aux stratégies d’expression et de transmission des idées. Les fictions à ambition philosophique (utopique, pédagogique, morale…), le dialogue d’idées, le théâtre de propagande hétérodoxe, la poésie philosophique, pourront être étudiés, ainsi que la place de la philosophie dans le roman et les effets qu’elle y produit. « Philosophie » est ici entendu dans le sens large que le siècle des Lumières donne à ce terme : le séminaire de l’équipe, depuis 2013, s’est attaché à des rencontres régulières entre les spécialistes d’histoire de la littérature et des idées du 18ème siècle qui constituent l’équipe et des spécialistes inscrits dans d’autres disciplines telles que l’histoire, l’histoire de l’art, l’esthétique ou les sciences politiques.
 
On s’inscrit ici dans une des préoccupations constantes du CSLF : l’étude de l’histoire des idées dans son rapport aux formes littéraires et de l’histoire des formes littéraires dans son rapport à l’histoire des idées. Les projets de l’équipe s’inscrivent également dans l’axe n° 3 de l’UPL : « Création, d’hier à demain : arts, patrimoine, humanités », puisqu’il s’agit bien de travailler sur l’histoire de la littérature et des idées aux 18ème siècle, et d’explorer ainsi le patrimoine culturel des Lumières dont nous héritons.
 
L’équipe est constituée d’enseignants chercheurs titulaires de l’UPN spécialistes du 18ème siècle – Colas Duflo (PR), Fabrice Moulin (MCF), Stéphane Pujol (MCF HDR), Alain Sandrier (MCF HDR), Laurence Vanoflen (MCF) – et d’une professeure émérite (Marie Leca-Tsiomis).
Franck Cabane, Séverine Denieul, Audrey Faulot et Audrey Mirlo, docteurs ès Lettres et enseignants agrégés en poste dans le secondaire, sont membres associés.
Maud Brunet-Fontaine, Marianne Albertan-Coppola, Mario Cosenza, Matteo Marcheschi et David Roulier sont doctorants au sein de l’équipe.
L’équipe a également noué une relation privilégiée avec les spécialistes du 18ème siècle de l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis (Patrick Wald Lasowski et Patrick Brasart) avec lesquels nous avons mené plusieurs projets communs. Et bien sûr nous collaborons régulièrement, dans le cadre de nos séminaires, colloques et publications, avec des chercheurs d’autres disciplines ou d’autres universités, en France et à l’étranger.
                               

Activités 2018-2019


 

  1) Séminaire : Qu'est-ce qu'être philosophe au XVIIIe siècle ? (coorganisé par Colas Duflo (CSLF) et Anne Lise Rey (Ireph))

Le sens même du mot « philosophe » est au dix-huitième siècle l’enjeu de luttes idéologiques que les catégories institutionnelles que nous prenons aujourd’hui pour des évidences laissent mal percevoir, mais que les livraisons des revues, les libelles clandestins et leurs réfutations ou même les articles des dictionnaires, qui polémiquent par notices interposées, laissent clairement entendre, cependant que s’invente, sur la scène du théâtre et dans les pages des romans, aussi bien qu’à l’Académie ou dans les salons, le personnage du philosophe. S’inscrivant dans la suite des travaux proposés sur ce thème, notamment par Pierre Hartmann et Florence Lotterie, et poursuivant les activités engagées dans les précédentes années par l’équipe Litt&Phi, le séminaire se propose d’interroger les figures du philosophe ainsi mises en scène, et la manière dont elles tentent de délimiter chacune à leur façon, un territoire de la philosophie – avec ce que toute production d’une définition légitime comporte d’exclusion, ce que toute affirmation d’une identité philosophique implique comme négation, ce que la naissance des disciplines emporte de disciplinaire.
La femme, le poète, l’artiste, le scientifique, l’architecte, le romancier, l’athée, le chrétien… sont-ils vraiment « philosophes » ? et si oui comment ? à quel titre ? et par opposition à quoi ou à qui ?
L'enjeu de ce séminaire est d'enquêter dans les textes les plus divers et sans exclusion sur ce qu'est le territoire philosophique au XVIIIe siècle, en confrontant les représentations du philosophe et les pratiques philosophiques. Il s'agira de mettre en évidence la construction puis la confrontation de normativités qui ont cherché à imposer les critères du philosophique.


   2) Groupe de lecture : « la poésie philosophique de Voltaire », 2018-2019

Parce qu’il juge souvent que les vers forment un langage plus riche de sens et plus persuasif que la prose, le XVIIIe siècle a cultivé le rêve d’une poésie philosophique dont il trouve les modèles chez Lucrèce, Boileau ou Pope.
Si Voltaire apparaît comme le grand représentant du genre au XVIIIe siècle, cette partie non négligeable de son œuvre a été assez peu étudiée. Cela tient sans doute à la variété de ses modes d’intervention, mais sans doute aussi au sentiment d’une incompatibilité entre discours poétique et discours philosophique qui s’est progressivement installé au cours de l’histoire littéraire, et que Voltaire lui-même entrevoit (cf notre « Annexe »).
S’il va de soi que la qualité du poème philosophique ne tient pas seulement à la présence de sujets ou de notions abstraites, il importe de montrer de quelles mises en forme l’énoncé philosophique voltairien fait l’objet, ce que celles-ci lui « apportent », ou plutôt comment le matériau poétique le « construisent ».

Présentation du corpus

Le poème philosophique tel que Voltaire le pratique, multiplie les thèmes (métaphysique, théologique, moral, social, économique, etc.), les modes et types énonciatifs (description, narration, argumentation, dialogue, etc.), ainsi que les genres poétiques conventionnels (épopée, ode, discours en vers, épître, etc.).

Épître à Uranie (1726 ; rebaptisée en 1772 Le Pour et le Contre).

La Henriade (1728).

Le Mondain (1736).

Épître 51, À Madame du Châtelet, sur la philosophie de Newton (1736 ; publiée en 1738 à la suite des Éléments de la philosophie de Newton).
Discours en vers sur l’homme (1738-1742).

Poème sur le désastre de Lisbonne ou Examen de cet axiome : « Tout est bien » (1756).

Poème sur la loi naturelle (1756).

N.B. : on peut ajouter évidemment ajouter d’autres textes à cette liste, notamment certaines épîtres.
 

[En alternance avec ce séminaire, et de manière complémentaire l’équipe Litt&Phi organise un groupe de lecture suivie consacré au « philosophe », sa définition et ses représentations au dix-huitième siècle]

[ce groupe de lecture est ouvert à toute personne intéressée par un travail collectif, suivi et régulier sur ce corpus]

               

Retrouvez nos journées d’étude passées sur la webTV de Litt&Phi

https://webtv.parisnanterre.fr/channels/#littphi
 

 

Mis à jour le 21 décembre 2018