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Aujourd'hui Cendrars. 1961-2011

Publié le 2 juillet 2013 Mis à jour le 11 avril 2018

Colloque international organisé sous la direction de Christine Le Quellec Cottier et Myriam Boucharenc

Date(s)

du 4 mai 2011 au 6 mai 2011

Lieu(x)
Université de Lausanne
Présentation

Avec Cendrars, la vie et l'oeuvre se confondent en formant ce qu'Henry Miller a nommé « une masse poétique étincelante, dédiée à l'archipel de l'insomnie », qui, aux yeux de son ami américain, faisait de lui rien de moins que l'écrivain du siècle. Un écrivain trop « distraitement reconnu », au dire de Malraux, qui déplorait que le poète ait été souvent négligé au profit du « bourlingueur », dont Cendrars lui-même a largement contribué à sculpter la figure. Au miroir déformant de la légende, l'éditeur, le cinéaste ou encore l'homme de radio, mais aussi l'essayiste, le reporter, le mémorialiste et jusqu'au romancier se sont quelque peu effacés, ne laissant trop longtemps persister de Cendrars qu'un cliché : celui de « l'aventurier au visage buriné » prêt à raconter ses voyages : sans doute la meilleure façon, en effet, de prendre le large.

Dès 1912 avec le poème Les Pâques et jusqu'en 1956 avec le roman baroque Emmène-moi au bout du monde…!, chaque publication est semblable à l'une des pièces d'un vaste puzzle où se dessine la modernité du XXe siècle. C'est peu dire que Cendrars fut un novateur de formes, de genres et de normes : son oeuvre s'est élaborée dans l'effervescence et le tumulte esthétiques ; il n'a eu de cesse qu'elle ait transformé le monde et lui-même pour abattre toutes les frontières, offrant, aujourd'hui, plus que jamais, des échos puissants à nos questionnements contemporains. Lu, traduit, mis en scène, fêté, en maintes circonstances, le voici devenu un auteur reconnu parmi les plus grands, l'un des rares parmi ceux du XXe siècle à bénéficier, coup sur coup, d'une réédition de ses oeuvres complètes chez Denoël et bientôt, chez Gallimard, dans la « Bibliothèque de La Pléiade », de deux volumes consacrés aux romans et aux textes autobiographiques.

Depuis 1961, les lectures de Cendrars se sont diversifiées, la figure de l'auteur a été envisagée à nouveaux frais, la place de l'écrivain au sein de l'histoire littéraire, réévaluée. La diversité des approches critiques a permis d'aborder la création sous des angles variés, qui ont contribué à révéler l'unité souterraine de cette oeuvre, sa force intrinsèque, trop souvent dissimulée par la variété des genres pratiqués.

Se pourrait-il que Cendrars commence aujourd'hui, ainsi que, dès 1962, le prédisait Frédéric Jacques Temple? Tel est assurément l'heureux sort des précurseurs - dont fut Cendrars - et dont ces journées souhaitent interroger la postérité : quelle est la portée de l'oeuvre à l'aube de ce XXIe siècle ? Avec quels modes de création entre-t-elle, à présent, en résonance ? À quels enjeux fait-elle, actuellement, écho ?

Voici quelques pistes de réflexion destinées à guider les interrogations de ces trois journées du colloque international qui se tiendra à Lausanne pour le cinquantenaire de la disparition de Blaise Cendrars.

Mis à jour le 11 avril 2018