Renaissances - Présentation


 
Responsable : Véronique Ferrer

S’inscrivant dans la continuité de l’équipe Dynamiques herméneutiques, la nouvelle équipe Renaissances s’intéresse à l’histoire des discours, des idées et des sociétés entre le Moyen Âge et la première modernité à partir d’objets d’étude circonscrits – la mystique, la vanité, la guerre.
 
En reprenant à notre compte l’intitulé aussi fécond que problématique de « renaissance », appliqué par les historiens aux siècles médiévaux comme à la Renaissance proprement dite, nous envisageons la périodisation des deux ensembles historiques en termes de continuité et d’héritages plutôt que de rupture. Le terme, avec sa majuscule, est une invention du XIXe siècle : Jules Michelet, puis Jacob Burckhardt, l’utilisent pour circonscrire une période historique allant de Christophe Colomb à Galilée pour le premier, de Giotto à Michel-Ange pour le second. Jean-Jacques Ampère, dans son Histoire littéraire avant le XIIe siècle, recense, pour sa part, « trois renaissances » : la Renaissance carolingienne des VIIIe et IXe siècles, la Renaissance du XIIe siècle, enfin la “grande” Renaissance qui, en Italie, commence aux XIIIe et XIVe siècles et dans le reste de l’Europe triomphe aux XVe et XVIe siècles. Jacques Le Goff pousse la réflexion plus loin en étendant ce champ chronologique jusqu’à l’aube du XIXe siècle : « Les Renaissances sont précisément caractéristiques de la période qui va de l’Antiquité au moment où la modernité a été pleinement assumée – le milieu du XIXe siècle. […] Loin de marquer la fin du Moyen Âge, la Renaissance – les Renaissances – est un phénomène caractéristique d’une longue période médiévale, d’un Moyen Âge toujours en quête d’une autorité dans le passé, d’un âge d’or en arrière ». Depuis, les historiens médiévistes ont étoffé la liste en parlant volontiers de Renaissance isidorienne au VIIe siècle ou encore de Renaissance du XIIIe siècle.
 
Conjointement à ses travaux annuels sur le discours mystique dans le cadre du séminaire « diptyque », l’équipe se propose aussi de mener une réflexion historico-littéraire sur le concept de « renaissance » pour les périodes envisagées, en reprenant, dans le but de l’enrichir, un débat déjà amorcé sur la problématique périodisation du Moyen Âge et de la Renaissance ainsi que sur la non moins contestable appellation de « renaissance » pour le XVIe siècle. Elle questionnera les périodes historiques concernées au regard des bouleversements qu’elles subissent, des méthodes qu’elles promeuvent et des valeurs qu’elles prônent : découvertes scientifiques et géographiques, réformes (religieuses, sociales, politiques mais aussi linguistiques et poétiques), traductions, réécritures ou imitations des modèles de l’Antiquité païenne ou chrétienne, philosophies humanistes.
 
En raison des spécialités des membres de l’équipe, une attention particulière sera accordée à la littérature des réformes, envisagée sous un angle sociohistorique.
                                      

 
Séminaire Diptyque

Le discours mystique entre Moyen Âge et première modernité.
Séminaire interuniversitaire en collaboration avec l’Université Paris-Sorbonne.


Le projet sur Le discours mystique se poursuit jusqu’en 2021, sous la responsabilité de V. Ferrer, M.-C. Gomez-Géraud et J.-R Valette. Après la question du langage (2013-2015), le problème du sujet (2015-2017), le séminaire s’intéresse en 2017-2019 au rapport entre mystique et institution. Il se propose d’interroger le rapport dialectique qui régit les deux termes, entre identité et altérité, entre opposition, condamnation, dissidence, neutralisation et complémentarité. Les deux dernières années (2019-2021) seront consacrées à la question de la révélation, qui constitue le dernier pôle du « carré mystique » défini par Pierre Gire.

Projets de recherche

1. Renaissance(s) ? Un mot, un concept, une histoire.
Programme de recherche en collaboration avec l’Université Paris VIII.

L’objectif du programme de recherche est d’interroger, de contextualiser et de redéfinir le concept de « renaissance(s) » en menant simultanément une réflexion historiographique comparatiste et en identifiant le spectre sémantique du mot à travers un repérage lexical dans les textes médiévaux et pré-modernes.

Le programme est en cours de réalisation.

2. Écrire les guerres du Moyen Âge à nos jours.
Programme de recherche trans-séculaire, interdisciplinaire et international.

Responsables : Laurence Campa, Véronique Ferrer, Mathilde Bernard.

Le projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat interne au CSLF avec l’équipe ILAM, portant sur le temps long (du Moyen Âge au XXIe siècle), dans le champ de l’histoire littéraire française et francophone. Il correspond à un effort concerté pour intégrer les nouveaux apports des sciences humaines en privilégiant d’une part l’histoire des idées et des savoirs, d’autre part la poétique des formes littéraires, en relation avec l’histoire sociale et culturelle.

 Séminaire 2018 – 2019 : Les sources et les modèles – ou comment l’histoire et la mémoire littéraire d’une guerre s’approprient et réinventent les formes, les textes, les auteurs, les valeurs des guerres antérieures.

Mis à jour le 28 septembre 2018