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Colloque - Rousseau et le spectacle

Publié le 27 juin 2013 Mis à jour le 7 mai 2018

Organisé par Jacques Berchtold (Université Paris-Sorbonne), Christophe Martin (Université Paris Nanterre La Défense) et Yannick Séité (Université Paris 7-Diderot), avec le soutien de la Région Île-de-France, du CSLF, EA 1586, du CELLF 17-18, UMR 8599, du Conseil Scientifique de l’Université Paris-Sorbonne, du CERILAC, EA 4410, et de l’Institut des Humanités de l’université Paris7- Diderot

Date(s)

du 15 mars 2012 au 17 mars 2012

Lieu(x)
  • Jeudi 15 mars
Université Paris Nanterre Nanterre La Défense
Salle des conférences, rez-de-chaussée du bâtiment B
  • Vendredi 16 mars
Université Paris Diderot
Salle Pierre Albouy, UFR ‘LAC’, Grands Moulins, 6e étage
  • Samedi 17 mars
Université Paris Sorbonne
Maison de la Recherche (rue Serpente), rez-de-chaussée, salle D040

Le spectacle apparaît comme une notion centrale dans la pensée, les pratiques et la biographie de Rousseau. Sa réflexion critique sur les spectacles procède, en effet, d’une problématique à la fois intellectuelle et existentielle impliquant le « système » de l’œuvre en sa totalité. Car le spectacle, chez Rousseau, n’est pas seulement l’emblème de la dénaturation : s’il est bien à l’origine du mal dans la société (le riche impose théâtralement au pauvre un faux contrat social), il est aussi une expérience essentielle chez Jean-Jacques. D’une part il expose à ses contemporains le haut prix du « spectacle de la Nature » consolateur de tous les maux et preuve persistante de la Providence. D’autre part il se révèle toujours obsédé d’images et de chimères et il voit dans la fête antique le spectacle (humain et sociétal) pur par excellence : celui où rien n’est représenté et où le spectateur est à lui-même (et à ses congénères en empathie) son propre spectacle. Doit-on encore rappeler l’admiration que Rousseau porte envers ceux qui savent « argumenter aux yeux » ? S’il assure préférer le signe à la lettre, le signe en question est bien souvent un geste : lèvres du favori scellées par le cachet, têtes cinglées des pavots, etc. Deux ans après les 250 ans de la Lettre à d’Alembert sur les spectacles, et cette fois dans la perspective de l’année rousseauiste 2012, la notion polysémique et ouverte de « spectacle » offre de riches perspectives pour proposer une étude de Rousseau selon la cohérence d’un éclairage nouveau. Il s’agira de faire miroiter les multiples facettes de son génie en conciliant notamment, autour de cette notion centrale, le penseur et le créateur de formes.

Rousseau spectaculaire : la question se prête à des entrées multiples, entre histoires des idées et des genres, esthétique et politique, ethos et pathos. Le colloque souhaite être l’occasion de mesurer par exemple, entre scène et politique, l’importance cruciale du concept (lui même richement polysémique) de « représentation » dans l’œuvre de Rousseau — et de relire l’œuvre à cette lumière; occasion encore d’évaluer tout ce qui unit et sépare sa dénonciation de la catharsis de son acceptation, dans le cadre de la lecture romanesque, du phénomène de l’identification… et même d’un amour du théâtre dont les dénégations véhémentes de Rousseau suggèrent assez l’intensité. Occasion donc d’explorer finalement de près ce qu’il en est de Rousseau auteur — texte et partitions — pour la scène, de réévaluer son apport à l’intermède, au mélodrame (genre dont on lui crédite l’invention), au théâtre de société…

Mis à jour le 07 mai 2018