Littérature et architecture - Manifestations


Prochaine séance




Programme et activités  de l'équipe


1/ Séminaire du GRAAL

Le Groupe de Recherche sur l’Architecture, l’Art et la Littérature (GRAAL) est dirigé et animé par Pierre Hyppolite (Université de Université Paris Nanterre La Défense), Antoine Leygonie, (architecte DPLG, Université Paris 8) et Agnès Verlet (écrivain, psychanalyste, Université Aix-Marseille 1).

L’équipe « Littérature et architecture » consacre l’un de ses séminaires aux rapports entre la littérature, l'architecture et l'urbanisme contemporain à partir de la notion de «village urbain». Le village urbain se caractérise par sa mixité résidentielle, sa diversité fonctionnelle de logements (tours d’habitation, tours de bureaux, hôtels), sa variété d’infrastructures (voies de circulation, parkings, centres commerciaux, sportifs) censées favoriser une autre sociabilité dans la ville. Dans quelle mesure la notion de village urbain peut-elle s’appliquer à l’urbanisme actuel ? Quel sens l'architecte donne-t-il à ce concept ? En quoi contribue-t-il au réenchantement de la ville ? Quel regard la littérature porte-t-elle sur ce type d’urbanisme ? Quel(s) rôle(s) joue-t-elle dans la représentation et la constitution d’un nouvel imaginaire urbain ?

Ce séminaire est ouvert à tous les chercheurs, aux étudiants de lettres de l'Université de Université Paris Nanterre et aux étudiants de l'atelier de conception architecturale d’Antoine Leygonie de l'Université Paris 8.

2/ Séminaire « Espaces - Écritures - Architectures » 2016-2017

Le séminaire Espaces - Ecritures - Architectures 2016-2017 s’inscrit dans la continuité des séminaires des années précédentes en interrogeant plus spécifiquement la complexité des rapports entre la ville, l’écriture et l’architecture à partir des couplages possibles qu’autorise la juxtaposition de ces trois termes.

Il se déroule chaque mois à partir d’une conférence d’un architecte, d’un urbaniste, d’un essayiste, d’un chercheur ou d’un écrivain confrontant dans sa pratique les notions d’écriture et d’architecture tant dans leur interactivité, que dans leur productivité matérielle, formelle, théorique, narrative ou fictionnelle.

Architectures et écritures ont depuis longtemps échangé métaphoriquement leur paradigme (Ars mémoriae, V. Hugo...) mais la configuration de l’espace en termes d’écriture, ou réciproquement, celle de l’écriture comme espace sont plus récentes et font appel à des formulations de plus en plus singulières. Dans quelles mesures la théorisation des pratiques et les pratiques elles-mêmes questionnent-elles les interactions et les migrations entre ces deux termes ? Les métaphores de la ville (urbanité, entité physique, politique, sensible...) comme « écriture » conservent-t-elles une portée heuristique au-delà de la simple figure d’analogie ?
Sur le troisième côté du triangle sémantique problématisé par ce séminaire, ville et architecture n’en finissent pas d’imposer le leitmotiv d’un renvoi en miroir au point que, bien souvent, leur association devient automatique et se dispense de toute problématisation préalable. Il s’agira d’interroger le potentiel de « métaphoricité » recélé par les interactions entre ces trois territoires sur les plans concrets et abstraits, de l’architectural, de l’urbain et du « scriptural ».

Comment - par exemple - l’architecture s’articule-t-elle à une conception de la ville comme écriture(s) ? Il semble difficile aujourd’hui de percevoir l’espace urbain comme quelque chose qui serait « écrit » de manière uniforme, rectiligne, lisible ; d’autres hybridations semblent à l’œuvre dans les conceptions urbaines et dans l’expérience que l’on en fait. Mais les espaces plus anciens l’étaient-ils eux-mêmes ? L’entrée en littérature du paysage urbain au siècle des Lumières, n’a-t-elle pas, par exemple, déjà, à sa manière, généré des formes nouvelles d’écriture éclatée (journal de l’observateur, promenade, rêverie, errance…) cherchant à capter la spécificité d’impressions urbaines et architecturales inédites ?

Aujourd’hui, les aménagements des urbanistes et les constructions « non linéaires » des architectes actuels se manifestent comme autant d’écritures formelles modifiant la physionomie des grandes métropoles du monde et dessinant une nouvelle « transurbanité ». Il sera intéressant d’interroger la migration de ces formes architecturales et urbaines d’un point de vue aussi bien généalogique, structural que discursif. L’espace mondialisé adopte une dimension intertextuelle focalisée sur le travail de transformation et d’assimilation de l’architecture à l’écriture. Une telle conception est-elle si récente ? La ville a toujours été selon Ricœur d’une « grande intertextualité » en ce que s’y confrontent (depuis les Nuits de Paris de Rétif de la Bretonne) de multiples récits dans le réseau des édifices qui la composent. La ville est-elle encore « lisible » ? Comment est-elle décryptée par ses usagers et ses commentateurs à travers le maillage de ses écritures multiples ? Comment ces « lectures » ont-elles évolué ? Sur quels plans particuliers ces évolutions s’effectuent-elles ?

Comment l’écriture « dialogue »-t-elle avec l’espace urbain ? A l’époque classique, les formes littéraires se rénovent pour traduire au plus près les révolutions urbaines en cours (chantiers d’embellissements, destructions, monumentalité, …). La littérature contemporaine, lorsqu’elle prend la ville comme objet, adopte la texture en réseaux des cités, des usages et des projections mentales qu’elles suscitent (l’architecture invisible d’Italo Calvino, le Tokyo ou le Paris de Jacques Roubaud, par exemple). Les lignes du récit spatialisent l’intrication des tracés du métro, des rues, des quartiers de manières inédites. Elles se diversifient, se complexifient en trajectoires multiples, offrant plusieurs parcours de lecture à l’image de la morphologie et de notre cinétique urbaines. Spatialité urbaine, architecturale et textuelle semblent ainsi obéir à des logiques communes.

On s’intéressera aussi aux différentes modalités de la fictionnalisation de la ville par l’écriture et l’architecture. Ville, écriture, architecture à travers la dissymétrie de leurs rapports recèlent dans leurs interactions des trésors de fictionnalisation ou de théâtralisation potentielles. La ville, lieu de communication et d’échanges, est lue dans/sur ses murs comme autant d’écritures dans la superposition de ses styles architecturaux, de ses lieux (ville haute/ville basse...). L’écriture littérale, les « ornements » (graffitis, signalétique, inscriptions, expositions temporaires, biennales, expositions éphémères, sculptures, jeux de lumières, publicités, installations diverses, ...) jouent un rôle déterminant dans la fictionnalisation de l’espace urbain et font de la ville une scène d’expositions qui a aussi ses codes rhétoriques et scénaristiques.



3/ Journées d’étude et colloques

L’équipe « Littérature et architecture » organise également régulièrement des journées d'étude et des colloques. Le 31 mars 2014 a eu lieu une journée d'étude sur le roman Intérieur de Thomas Clerc (coll. L'Arbalète/Gallimard, éd. Gallimard, 2013). Un colloque international est prévu pour l'année 2015-2016.
 
 

Mis à jour le 15 février 2017